Every night she cries, and dies a little more each time.

MY FEARS

Il y a quelques temps, une amie a parlé du fait de citer ses peurs, pour ensuite apprendre à les vaincre. Je ne sais pas comment réaliser la deuxième étape mais en attendant, je peux toujours essayer de faire la première.

J’ai peur du temps, du temps qui passe. Qui se précipite, et ne me laisse pas le temps de réaliser qui je suis et où j’en suis. J’ai peur d’être jetée dans le monde un peu trop tôt, et de ne pas savoir quoi faire, de me retrouver paumée, au milieu de tous ces gens qui ont de grands projets. J’ai peur des pensées que j’ai, quelques fois, la nuit. Peur de ne jamais avoir une vraie nuit de sommeil, où je ne me réveillerais pas en plein milieu, en sueur, à cause des cauchemars que je fais chaque fois. J’ai peur que ma psy aie raison, que ce soit mon père le problème. J’ai peur qu’il ne sache pas ce qu’il fait, peur qu’il finisse malheureux. J’ai peur que ma mère se jette à corps perdu dans une relation qui finira par imploser. J’ai peur que mon frère croie que je suis méchante avec lui parce que je ne l’aime pas. J’ai peur de ne pas réussir à me détacher assez des relations toxiques qui foisonnent dans ma vie, et que ça finisse par me consumer. Peur de ne jamais pouvoir dire ce que je pense, peur d’être trop gentille, trop compréhensive. J’ai peur qu’à force de porter ce masque de personne forte qui rigole tout le temps et ne prend rien au sérieux, les gens finissent par ne plus me connaître, et ne plus me prendre au sérieux eux non plus. J’ai peur qu’on me prenne pour une personne inaccessible, à cause de ma grande gueule que j’ouvre seulement pour des trucs stupides. J’ai peur de ce que j’ai à l’intérieur de moi. Ce vide immense, qui m’empêche de ressentir quoi que ce soit. J’ai peur de ne jamais arriver à aimer quelqu’un, de rester comme ça, insensible à tout, au monde, aux gens. Peur de ne jamais aimer et peur de ne jamais être aimée. Et si un jour par miracle ces deux choses se réalisent, j’ai peur d’être détruite. Peur de trop m’impliquer, après avoir attendu trop longtemps, et de finir brisée. Je n’ai strictement aucun modèle de couple qui est heureux. Strictement aucun. J’ai peur de ne jamais connaître cette sensation de plénitude, ou de la connaître puis de la perdre, ce qui est pire encore je crois. J’ai peur de ne jamais être heureuse, peur de rester comme ça. Peur de me mentir à moi-même et de mentir aux autres, quand je dis qu’on finira forcément par être heureux. Au moins un peu. J’ai peur de me tromper à l’avenir, de faire des choses que je regretterai, tout en sachant que je suis un désastre ambulant. Peur de décevoir mes parents. J’ai peur de devenir de plus en plus méchante et méprisante, sans m’en rendre compte. Peur de devenir tellement différente que les gens ne comprendront plus comment un jour ils ont fait pour être attachés à moi. Peur de devenir différente, mais aussi peur de rester la même. J’ai aussi peur de finir comme ces filles de ma génération, sans principes ni valeurs, qui disent juste vouloir s’amuser, alors qu’elles mettent leur dignité en jeu. J’ai peur de l’avenir, peur du présent. Peur qu’elle ne s’en remette pas, peur qu’elle soit malheureuse malgré tout. Peur des gens, peur du monde. Peur de moi. Peur de mon hypocrisie. Peur de ma solitude grandissante. Peur de ne pas être digne d’une vraie vie. Une où je serais enfin bien.

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Une réflexion sur “Every night she cries, and dies a little more each time.

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